Une négligence à ne pas prendre à la légère
La transmission des actifs numériques, notamment des cryptomonnaies, est souvent négligée. Pourtant, une mauvaise anticipation peut conduire à leur perte définitive.
Contrairement aux comptes bancaires ou aux contrats d’assurance-vie, les cryptomonnaies n’apparaissent dans aucun registre centralisé. En cas de décès, les plateformes d’échange – prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) ou prestataires de services sur cryptoactifs (PSCA) – ne sont pas informées et ne recherchent pas les héritiers. Si ces derniers ignorent l’existence des actifs numériques du défunt, ils ne pourront jamais les récupérer.
« C’est pourquoi il est conseillé d’être très transparent de son vivant avec sa famille en l’informant que vous détenez un portefeuille sur telle ou telle plateforme », recommande Me Elias Bourran, avocat au barreau de Paris. Cette stratégie permet aux héritiers de le signaler au notaire qui prendra contact avec les professionnels concernés pour intégrer les cryptomonnaies dans l’actif successoral.
Une nouvelle option à considérer : le fichier Ficonum
Une autre solution consiste à recourir au fichier Ficonum. Créé par la société Legitbee, cet outil payant permet de garantir que vos proches pourront accéder à une cartographie complète de votre patrimoine. Pour 2,50 € par mois, vous pouvez y mentionner les plateformes d’échange utilisées et ainsi faciliter le transfert de vos actifs numériques. Un compte gratuit sur Legitbee est aussi disponible, permettant de sécuriser jusqu’à cinq informations.
Assurer la transmission des clés privées
Pour ceux qui gèrent directement leurs cryptomonnaies, la transmission des clés privées ou de la phrase de récupération prend une importance capitale. Cependant, partager ces informations de son vivant comporte le risque de vol.
« Une solution pourrait être de confier au notaire ces informations dans un testament mystique », témoigne Véronique Dejean de la Batie, notaire à Paris. Ce type de testament, sécurisé et confidentiel, assure que les informations ne seront accessibles qu’après l’ouverture de la succession. Bien que peu usité, il garantit la préservation des actifs. Pourquoi ne pas aussi envisager de les stocker dans un coffre bancaire ?
En conclusion, il devient impératif d’anticiper la transmission de ses actifs numériques pour éviter toute perte regrettable. Êtes-vous prêt à faire le pas et sécuriser vos successeurs ?
