
LONDRES – Les représentants ukrainiens et russes se réunissent à Istanbul, en Turquie, ce jeudi, pour leur première rencontre depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Moscou il y a trois ans. Cette réunion revêt une importance symbolique et historique pour la diplomatie entre les deux pays.
Le président russe, Vladimir Poutine, ne sera pas présent lors des discussions, bien qu’il ait été invité par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à un face-à-face. Ce retour à Istanbul fait écho aux précédentes tentatives de paix, notamment l’élaboration du ‘Communiqué d’Istanbul’ en mars 2022, qui avait esquissé les premières bases d’un accord potentiel pour mettre fin à l’invasion à grande échelle de la Russie.
Ce cadre prévoyait essentiellement que l’Ukraine accepte une neutralité permanente, abandonnant ainsi ses espoirs d’adhésion à l’OTAN, en échange de garanties de sécurité fermes. Cependant, la détérioration de la situation sur le terrain, accompagnée d’allégations de crimes de guerre russes, a été un coup fatal porté à ces efforts initiaux.
La Délegation Russe
La délégation russe sera dirigée par Vladimir Medinsky, conseiller du Kremlin, précédemment en charge des dialogues en 2022. Il sera accompagné de plusieurs autres dignitaires, y compris le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhail Galuzin, et le vice-ministre de la Défense, Alexander Fomin.
Le président Zelensky a déclaré lors d’une conférence de presse que lui seul pourrait décider de la suite des négociations. ‘Je n’attends personne d’autre que Poutine’, a-t-il affirmé, tout en se rendant à Ankara pour rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Des Attentes Relatives
Malgré cette réunion tant attendue, les attentes restent mesurées quant à la possibilité d’une percée qui pourrait conduire à un cessez-le-feu. L’analyste senior de l’International Crisis Group, Oleg Ignatov, a exprimé ses réserves, déclarant que les Russes semblent vouloir maintenir une pression militaire et diplomatique sur l’Ukraine, et que des négociations prolongées sont à prévoir.
Le président Trump, en visite au Moyen-Orient, a fait part de ses espoirs concernant la possibilité d’un progrès lors des discussions, tandis que les représentants américains exhortent les deux parties à parvenir à un accord qui endigue l’escalade et préserve une forme de paix.

