MILAN/DETROIT (2 décembre) : Carlos Tavares, PDG de Stellantis, a démissionné abruptement dimanche, deux mois après une mise en garde sur les bénéfices de l’entreprise, qui a perdu environ 40% de sa valeur cette année. La société a annoncé qu’elle commencerait à chercher un remplaçant pour le poste de PDG au cours du premier semestre 2025.
Henri de Castries, directeur indépendant senior, a fait savoir que des divergences de vues avaient émergé ces dernières semaines parmi les principaux actionnaires, le conseil d’administration et Tavares, ce qui a conduit à sa démission. Dans une déclaration, Stellantis a indiqué que son conseil, comprenant le président John Elkann, avait accepté la démission de Tavares ‘avec effet immédiat’ et qu’un nouveau comité exécutif intérimaire serait établi sous la direction d’Elkann.
Considéré auparavant comme l’un des cadres les plus respectés de l’industrie automobile, l’approche de Tavares a été mise en question après une chute des ventes en Amérique du Nord, ce qui a conduit l’automobile à émettre une mise en garde concernant ses résultats de 2024. Il prévoyait une perte de trésorerie allant jusqu’à 10 milliards d’euros (10,6 milliards $) principalement en raison d’une baisse des ventes et d’un gonflement des stocks.
Tavares a eu un mandat tumultueux débuté lors de la création de Stellantis en 2021 suite à la fusion de Fiat Chrysler avec PSA, et avait prévu de quitter ses fonctions en début 2026. Le processus de sélection de son successeur devrait être complété d’ici la fin de l’année prochaine.
Les actions de Stellantis ont chuté d’environ 40 % cette année, tandis que les actions de Ford ont diminué de 7 % et celles de General Motors ont augmenté de 55 %.
John Elkann a remercié Tavares pour son rôle dans la création de Stellantis, le quatrième constructeur automobile mondial par ventes.
‘ÇA NE PEUT PAS ÊTRE PIRE’
Jeff Laethem, propriétaire d’un concessionnaire Stellantis à Detroit, a exprimé son soulagement suite à cette annonce. ‘Ça ne peut pas être pire’, a-t-il déclaré, en référence aux ventes qui ont chuté et des stocks qui s’accumulent dans son établissement.
Les concessionnaires Stellantis ont également fait part de leur mécontentement croissant, en envoyant une lettre à Tavares en septembre soulignant leurs préoccupations concernant une baisse de 17% des ventes des véhicules de la marque par rapport à l’année précédente.
Dans ce contexte difficile, les tensions au sein de l’entreprise étaient palpables, suggérant que le besoin de ‘nouvelles idées et forces fraîches’ était impératif, selon des sources proches du conseil d’administration.
Ainsi, l’ère de Carlos Tavares chez Stellantis se termine sur fond de défis significatifs pour la société et ses différentes marques.

