L’image d’Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, tournant le dos à deux enseignants lors de sa visite à Mayotte, a provoqué de vives réactions. Le 30 décembre, alors qu’elle était en visite sur l’île ravagée par le cyclone Chido, la ministre a été interpellée sur les difficultés d’acheminement de l’aide alimentaire. Dans une vidéo devenue virale, on voit un enseignant lui faire part de la situation désastreuse, notamment les 10 kilomètres que certains habitants doivent parcourir à pied pour recevoir de l’aide. »Cela fait quinze jours que personne n’est venu dans les bidonvilles, » a déclaré l’enseignant. Face à cette réalité, Élisabeth Borne a répondu que des distributions existaient, insinuant que le manque d’information était un problème. L’échange s’est terminé abruptement lorsqu’elle a déclaré un simple « ok » et s’est éloignée, laissant l’enseignant dire « C’est une honte. »

Les réactions des syndicats d’enseignants ne se sont pas faites attendre. Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU, a affirmé que la ministre « ne répond pas » et évite le débat. Jean-Rémi Girard, du Snalc, a ajouté que les mesures prises par l’État après le cyclone étaient insuffisantes et tardives. Selon lui, « des collègues n’ont plus d’habitation », et il est essentiel de penser à leur relogement avant toute autre chose. Les enseignants de l’île sont en première ligne et font face à de nombreuses difficultés, certains d’entre eux ayant dû organiser des collectes pour aider leurs élèves.

En réponse aux accusations de manquer d’écoute, Élisabeth Borne a déclaré que la séquence avait été « tronquée » et ne reflétait pas la totalité de son interaction avec les enseignants. Son cabinet a expliqué qu’elle était pressée par le temps, car elle devait rejoindre une autre partie de l’événement. Cependant, des journalistes ont contesté cette version, notant qu’un enregistrement audio de l’échange montre que les enseignants ont principalement pris la parole, tandis que la ministre répondait peu. Le cabinet insiste sur le fait que l’aide a été envoyée, mais les enseignants pointent du doigt le manque de résultats sur le terrain. Alors que la rentrée scolaire est fixée au 13 janvier, nombreux sont ceux qui estiment que des mesures appropriées doivent être prises pour garantir la sécurité et le bien-être des élèves et du personnel scolaire sur l’île.

Please follow and like us:
Retour en haut