Découvrez les Singes Dorés : Trésors de la Chine au Zoo de Beauval

Le 3 avril dernier, le Zoo de Beauval, situé dans le Loir-et-Cher, a eu l’immense honneur d’accueillir trois singes dorés, comprenant deux femelles et un mâle, provenant de Chine. Ce parc animalier devient ainsi le premier jardin zoologique au monde, en dehors de l’Asie, à exposer ces singes souvent qualifiés d’« exceptionnels » par les scientifiques.

Après une période de quarantaine dans leur pays d’origine, suivie d’une autre en France, ces primates seront intégrés dans l’espace dédié aux pandas géants. En attendant leur présentation officielle, le zoo a lancé un concours sur ses réseaux sociaux pour permettre au public de nommer ces précieux animaux, classés comme un véritable trésor national en Chine.

À quoi ressemblent-ils ?

Les singes dorés étonnent par leur pelage flamboyant et leur visage bleuté. Mesurant jusqu’à 76 cm de longueur, sans tenir compte de la queue, qui peut atteindre 72 cm, ces singes sont des animaux sociaux vivant en groupes hiérarchisés, avec un mâle dominant. En été, ils peuvent former des bandes de près de 600 individus.

Leur nom scientifique, rhinopithèques de Roxellane, trouve ses origines dans le grec, signifiant « nez » et « singe », une appellation inspirée, selon la légende, d’une concubine du sultan ottoman Souleyman le Magnifique.

Une des caractéristiques fascinantes des singes dorés est leur capacité à émettre une large gamme de vocalisations sans mouvement corporel ni facial, rappelant les ventriloques.

Où vivent-ils ?

Ce primate est endémique des zones montagneuses du centre-ouest de la Chine, notamment autour du plateau tibétain. Ces singes se distinguent par leur adaptabilité à des environnements hostiles, survivant à des altitudes allant de 1600 à 4000 mètres.

Ils sont uniques parmi les primates, à l’exception des humains, pour leur capacité à se déplacer sur deux pattes arrières pendant les hivers rigoureux, une méthode pour garder leurs pattes avant au chaud.

En outre, ces singes s’alimentent d’un régime varié, comprenant des feuilles, de la lichen, de l’écorce et des pousses, en s’adaptant remarquablement à leur environnement. Leur épaisse fourrure, atteignant jusqu’à dix centimètres, sert d’isolant contre le froid. Contrairement à d’autres primates comme les chimpanzés, ils dorment directement sur les branches, surpassant les 13 heures de sommeil par jour.

Sont-ils rares ?

Actuellement, il ne reste que quelques milliers de spécimens de singes dorés sur Terre. Cependant, leur population est menacée par la destruction de leur habitat causée par l’agriculture, l’exploitation forestière et le tourisme. Classés comme « en danger » d’extinction par l’UICN, ces singes sont également chassés pour leur fourrure. Afin de protéger leur habitat, des lois et des réserves naturelles ont été mises en place en Chine, souvent partagées avec les pandas géants.

Dans le cadre d’un programme de conservation et de recherche, ces singes dorés, originaires du Shanghaï Wild Animal Park, ont été confiés au Zoo de Beauval pour une période de dix ans. Le parc animalier déclare avec satisfaction : « Leur arrivée symbolise une avancée majeure dans les relations franco-chinoises en matière de conservation ».

Pourquoi sont-ils un trésor national en Chine ?

Découverts par les Occidentaux en 1869 grâce au Père David, un religieux français, les singes dorés sont considérés comme un emblème et un « trésor national » de la Chine, au même titre que le panda géant. Autrefois, ils occupaient un vaste territoire à travers la Chine. Au XIe siècle, l’érudit Lu Dian évoquait déjà cette espèce dans son encyclopédie des animaux et attestait de l’utilisation de leurs os en médecine. Aujourd’hui, les singes dorés continuent d’incarner la richesse de la biodiversité chinoise.

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