Poutine assouplit les restrictions pour les investisseurs occidentaux avant son appel avec Trump

16h23 ▪ 6 min read ▪ by Mikaia A.

Ce jour pourrait marquer un tournant dans la guerre en Ukraine. Alors que Vladimir Poutine et Donald Trump s’apprêtent à discuter par téléphone, chacun prépare son terrain. Pendant que Trump jongle entre flatteries diplomatiques et fourniture d’armes à Zelensky, Poutine joue une carte différente : celle de l’économie. Il vient d’autoriser certains investisseurs occidentaux à vendre leurs valeurs mobilières russes gelées, une décision qui pourrait perturber le marché financier international.

Bien qu’une guerre entre Trump et Poutine ait semblé envisageable, à la surprise générale, le maître du Kremlin a signé un décret permettant aux fonds occidentaux Franklin Templeton, Jane Street et GMO de vendre leurs titres russes bloqués depuis 2022. C’est la première fois depuis le début du conflit en Ukraine. Cependant, ces transactions ne seront pas directes : elles devront passer par un intermédiaire, le fonds spéculatif new-yorkais 683 Capital Partners, avant d’être rachetées par des entités russes proches du pouvoir.

Pourquoi un tel accord financier ? Deux hypothèses : protéger les vendeurs occidentaux des sanctions et assurer une commission généreuse pour l’intermédiaire.

Les valeurs mobilières concernées représentent 500 milliards de roubles (6,4 milliards de dollars), détenus dans des comptes de type “C”, gelés depuis mars 2023. Ces comptes, établis par le gouvernement russe, permettent de garder les fonds étrangers sous un contrôle strict, empêchant tout retrait sans l’accord du Kremlin.

Cette décision, de prime abord anodine, s’inscrit dans un contexte plus large. D’une part, elle permet à la Russie de contrôler la rapatriement de ces actifs tout en offrant aux investisseurs une sortie régulée. D’autre part, elle intervient à un moment stratégique, juste avant l’appel avec Trump.

Le Kremlin cherche à se repositionner sur l’échiquier économique mondial, envoyant un signal d’ouverture aux marchés internationaux. Mais cette soudaineté de générosité cache-t-elle une manœuvre plus calculée ?

Négociation entre Poutine et Trump : un cessez-le-feu aux dépens de concessions ?

Le appel entre Poutine et Trump pourrait bien être un tournant diplomatique. Officiellement, la discussion porte sur un cessez-le-feu en Ukraine. En réalité, le sujet semble aller bien au-delà. Trump a déjà laissé entendre que l’Ukraine pourrait devoir céder certains territoires stratégiques pour parvenir à la paix.

Trump appelle Poutine
L’appel téléphonique avec Poutine commenté par Trump

Nous parlerons de terres, de centrales électriques… De nombreuses choses sont déjà discutées.

Mais Poutine ne donne rien sans contrepartie. Sa principale exigence ? L’arrêt immédiat des fournitures d’armement américain à Kiev. Une demande qui divise Washington et inquiète les Européens. Certains craignent qu’elle permette à Moscou de se réarmer tranquille.

En attendant, Trump essaie de négocier en avançant un gel temporaire de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Les négociations en cours soulèvent plusieurs questions : Trump est-il prêt à échanger la souveraineté ukrainienne contre un pacte tacite avec le Kremlin ? Quels avantages espère-t-il tirer de cet accord pour les États-Unis ? Et surtout, la parole de Trump a-t-elle de la valeur ?

Comme l’a tweeté un utilisateur :

Toute entente de cessez-le-feu négociée par Trump n’a pas plus de valeur que le papier sur lequel elle est écrite. Demandez juste aux Palestiniens.

Une ombre de marchandage géopolitique plane sur ces négociations.

L’économie russe sous pression : vers une crise majeure ?

Alors que ces négociations occupent les sphères diplomatiques, l’économie russe faiblit et fait face à de grands défis. Alors que le Kremlin présente une façade d’optimisme, plusieurs indicateurs montrent une fragilité croissante.

Le secteur industriel est particulièrement affecté par la montée des taux d’intérêt, atteignant un pic de 21% en 2024. Une situation qui met la pression sur de nombreuses entreprises déjà affaiblies par les sanctions internationales.

  • 20% des entreprises manufacturières consacrent plus de deux tiers de leurs bénéfices à rembourser leurs dettes ;
  • Plus de 50% des entreprises minières étaient en déficit en 2024, une première depuis les années 1990 ;
  • 30% des transporteurs routiers risquent la faillite en 2025.

Ces chiffres ne trompent pas. Pourtant, les banques russes ne semblent pas alarmées. Selon l’économiste Sergei Skatov, “si la situation était aussi catastrophique, elles auraient dû constituer des réserves supplémentaires pour couvrir les pertes.

En d’autres termes, le Kremlin semble avoir plus de marge de manœuvre qu’il n’y paraît. Mais pour combien de temps ?

Le gouvernement compte sur des subventions et des nationalisations pour éviter une vague de faillites, mais ces solutions ont leurs limites. Si la pression financière augmente et l’accès aux marchés se resserre encore, la Russie pourrait avoir à choisir entre stabiliser son économie ou continuer l’effort de guerre.

La situation devient donc un véritable test de la résilience du modèle économique russe face aux sanctions.

Alors que Poutine et Trump se préparent à discuter d’un cessez-le-feu, une autre bataille se joue en coulisses : celle du contrôle des investissements et de la stabilité financière. Une chose est certaine : Poutine soutient le bitcoin, mais il n’est pas question pour lui de suivre Trump dans son idée d’en faire une réserve nationale.

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